mardi 28 février 2017

La synagogue de Tanger



La synagogue de Tanger est toute belle, toute proprette et astiquée de frais par un « hassan », sacristain-trésorier qui fait aussi office de guide.



C’est un bonheur de voir cela, parce que les restes de la présence juive au Maroc que nous avions pu voir jusqu’ici ne plaidaient guère pour la version serinée par la vulgate populaire, à savoir que les juifs ont toujours été bien traités et respectés dans ce pays, et que leur patrimoine serait conservé voire réhabilité : les vestiges que j’ai pu voir ne sont le plus souvent que des ruines…. Celle-ci, en revanche est bel et bien en activité pour les quelques familles qui composent encore la communauté des fils d’Abraham de Tanger. Ce ne semble être le cas que de très peu d’entre elles, en dépit des affirmations officielles lues ici ou là. Les échanges sur les blogs des communautés d’anciens de leurs ressortissants marocains, font état de 3 synagogues actives à Casablanca, d’une ou 2 à Marrakech et d’une à Rabat. Celle de Fès a effectivement été réhabilitée, transformée en un musée inauguré par le roi il y a 3 ans….
et toujours fermée ! (La photo n'est pas de moi). J’ai essayé d’appeler sans succès les 3 numéros de téléphone censés permettre de joindre quelqu’un en mesure de l’ouvrir. Sans jamais aucune réponse à mes messages…..

lundi 20 février 2017

Faits alternatifs et physique quantique



J’ai été très injuste avec Donald Trump dans mon article du 11 mars de l’année dernière.
Le nouveau président américain est en effet sans aucun doute un candidat potentiel au prochain Prix Nobel de Physique, puisqu’il a adapté à cette discipline sa nouvelle théorie de l’information et de description du réel : par la voix de son porte-parole à la Maison Blanche, il nous a en effet fait savoir, que les propos tenus au sujet de son investiture n’étaient pas des mensonges mais des « faits alternatifs ». La théorie des faits alternatifs constitue une percée fulgurante dans l’univers de la pensée puisqu’à la fois elle balaie d’un coup d’un seul la raison aristotélicienne qui veut qu’une affirmation soit vraie ou fausse, mais élargit également le champ d’application de la physique quantique aux théories de l’information, cette même affirmation pouvant ainsi être à la fois vraie et fausse.
Avec la théorie de Donald Trump, si l’on choisit bien les valeurs C (le Contexte), et E (l’Expression) et qu’on les affecte du coefficient variable PLGPDC (selon la force avec laquelle on Prend Les Gens Pour Des Cons), alors on démontre avec facilité que 0=1. Ce qui explique notamment qu’il y avait des millions de gens à son investiture.
Une prochaine fois, j’essaierai de démontrer qu’il mérite aussi le Prix Nobel de la Paix (mais ce sera peut-être un peu plus difficile).

mercredi 15 février 2017

Médina

Il faut prendre son temps, s’arrêter. Je me suis posé dans un café de la place R’cif, pour vous décrire ce que je vois. Les tripes et les têtes de mouton
, voisinent, à la porte de la mosquée avec une agence locale de la Société Générale et un étal de quincaillerie, posé sur un drap aux reflets douteux,






qui expose une série d’articles à la Prévert : des cadenas, un pédalier de vélo pourvu d’une ( !) pédale, un robinet qui pourrait bien être en cuivre, si j’en juge par le vert de gris qui le recouvre, un tas de chaussures dépareillées,





des bobines de fil rouge, des rasoirs et des brosses à dents, des vieux fers à repasser,





et je pourrais continuer comme ça longtemps avant d’arriver au raton laveur…..

Comme il ne fait pas encore très chaud, le vendeur de soupe aux pois, a installé son énorme faitout sur son réchaud et je vais peut-être bien aller lui rendre une petite visite… On commence à me connaitre dans le coin, et si, visiblement, certains se demandent bien ce que je viens y faire, c’est toujours avec beaucoup de gentillesse qu’on vient me saluer.




Un rayon de soleil vient de percer et je me sens soudain comme un gros chat…..

 

 

 


samedi 4 février 2017

Vu d'en haut















Sous les ailes de l’avion, des paysages, dont l’ocre éternel efface l’histoire des femmes et des hommes qui ont vécu ici, le fracas de leurs vaines batailles ou leurs amours improbables, l’immense cortège des paysans courbés sur cette terre ingrate et les tours des kasbahs d’où les chefs de tribu les ont longtemps maintenus dans des états proches de l’esclavage :





c’est un monde qui n’a jamais été tendre envers ses créatures, qui défile sous nos yeux, et mon regard, qui accroche la pointe des minarets, m’incite alors à imaginer ce que l’appel de ceux-ci, depuis quatorze siècles, a pu avoir d’apaisant, de réconfortant et de porteur d’espoir pour tous ces gens dont le passage sur la terre aura été bien difficile….. C’est cela aussi, l’Islam….





Et les damiers bien ordonnés des oliviers font écho à la géométrie implacable des zelliges.