dimanche 18 décembre 2016

Imprimerie



Rencontré un jeune anthropologue marocain, qui, au fil de nos échanges, m’indique que l’imprimerie n’est probablement pas arrivée au Maroc avant les français, au début du XXème siècle.
Il en voit, comme cause, le fait que les sultans souhaitaient maintenir leur peuple dans l’ignorance pour mieux le contrôler, phénomène qui s’est reproduit dans la plupart des pays musulmans, et comme conséquence, que la civilisation arabe, qui éclairait le monde au XIVème siècle, s’est figée dans une splendeur altière dont les feux se sont progressivement éteints.
De fait, si l'imprimerie apparait chez nous vers 1450, le premier livre sortie d'une presse dans le monde arabe semble l'avoir été autour de 1720, à Constantinople, du fait du fils d'un sultan, qui avait été ambassadeur en Europe. Pour autant, l'usage des presses à imprimer resta extrêmement confidentiel jusqu'à la chute de l'empire ottoman.
Au Maghreb, je ne trouve effectivement aucune trace de livre imprimé avant le début du XXème....
Vous en pensez-quoi ? Cela me laisse un peu pantois.....

jeudi 15 décembre 2016

Ait Benhaddou et la palmeraie de Skoura


A une quarantaine de kilomètres de Ouarzazate,


deux endroits magiques aux destins opposés. Autant la kasbah de Ait Benhaddou



 
est préservée, parce qu’elle a eu l’heur de séduire les responsables du patrimoine à l’UNESCO, et qu’un cercle vertueux s’est enchainé, avec la manne des tournages de cinéma qui y ont eu lieu (depuis Lawrence d’Arabie à Gladiator en passant par La dernière tentation du Christ ou Astérix et Cléopatre),



















autant les kasbah et les mellahs
de la palmeraie de Skoura, à 60 km de là, abandonnés, s’effritent doucement au vent du désert.
 



Imperturbables, les neiges de l’Atlas, assistent au spectacle...
  

samedi 10 décembre 2016

Essaouira




Il tombe, d’après les statistiques, 251mm de pluie par an à Essaouira.
Pas de pot, c’est aujourd’hui ! En passant entre les gouttes, on a quand même un aperçu sympa d’une vraie station balnéaire,

d'un joli port de pêche
 
d’une ville qui s’enorgueillit à juste titre d’une école de peinture contemporaine (passez sans faute à la galerie Damgaard même s'il ne pleut pas)

et dont la médina est très plaisante à nos yeux d’occidentaux. En effet, si chaque médina au Maroc a son style propre, celle-ci offre la particularité d’une architecture mixant, de façon assumée, les canons de la construction locale et ceux d’un classicisme bien de chez nous. La preuve :

 
 

 

 


mercredi 7 décembre 2016

Villa Majorelle




C’est en 1980 que Pierre Bergé et Yves Saint Laurent avaient acheté la villa que Majorelle avait occupé jusqu’en 1962. La Fondation qu’ils ont créée, permet de faire perdurer cet ilot artistique français ( ?) au cœur de Marrakech. A voir…..


 











mardi 6 décembre 2016

Les toilettes de la Mamounia





 

 

 C’est en 1975, parce que les toilettes de l’auberge de jeunesse à Auckland, en Nouvelle-Zélande,étaient prises d’assaut le matin, et que le Hilton se trouvait en face, que j’ai pris l’habitude de tester les sanitaires des établissements les plus prestigieux. Mon podium (je vous recommande, ça peut être spectaculaire !) c’est, à ce jour : toujours en tête ceux des grands magasins Harrod’s, à Londres, tellement splendides, vastes, parfumés, fleuris, qu’on ose à peine y faire un petit pipi, puis, en seconde position, les vécés du Bristol à Paris, et enfin la vastitude du « petit » coin du Sheraton des chutes du Niagara (peut-être l’architecte avait t-il imaginé que le débit des chutes allaient inspirer les usagers ?).

Très déçus, donc, par les chiottes de la Mamounia, dont la propreté n’est certes pas à mettre en doute, mais qui n’ont aucune classe compte tenu du prestige de l’établissement auquel elles appartiennent. Passez votre chemin (sauf envie pressante)….

lundi 5 décembre 2016

Marrakech












Comparer Fès et Marrakech ça n’a pas de sens et on s’était promis de ne pas le faire, mais, comme tout le monde, on le fait. Ce sont, sans aucun doute les deux plus grandes médinas du Maroc, la populaire et la bourgeoise, la culturelle et la touristique, chacune des deux pouvant revendiquer quelques siècles comme capitale du Royaume, l’une plus ancienne, l’autre plus chatoyante.



Avec la mauvaise foi de ceux qui habitent l’une des deux, nous trancherons donc en faveur de Fès, insupportés que nous sommes par la quantité de mobylettes pétaradantes et puantes qui parcourent les ruelles à toute vitesse en zigzagant entre les piétons.


lundi 28 novembre 2016

Petite leçon d’architecture antique






Petit tour à Volubilis avec des copains américains.





L’occasion de réviser un peu nos connaissances en matière de décoration des chapiteaux :

Style Ionique



Style dorique



Style merdique


jeudi 24 novembre 2016

Partir



On est là depuis un an. Christine un peu plus, moi un peu moins. Dans six mois le retour, faute pour Christine de s’éclater dans son travail. Partir. Re-partir…. Le voyage permet-il de vivre, voir et comprendre quelque chose de différent ou ne transporte-t-on avec soi que ce qu’on est déjà, en le projetant sur des réalités que nous ne pouvons pas comprendre ? Qu’en tire-t-on sinon un faux sentiment de possession, incarné par l’expression « on a fait » : on a fait le Maroc et on va bientôt faire les châteaux de la Loire.
Qu’en rapportons-nous ? A part un tapis, des poteries et un plat à couscous ?
Pourtant, serons-nous les mêmes, à notre retour, que ceux que nous étions en quittant Bussy ? A l’évidence non. Au moins aurons-nous essayé de mesurer la distance qui sépare ces deux univers, ce qui les rapproche aussi, ce qui fait que, d’un côté de la Méditerranée comme de l’autre, les hommes et les femmes vivent comme ils peuvent, ni meilleurs ni pires, riches de leur histoire, de leurs souvenirs, de leurs amours, de leurs rêves.
Partir.....
 

mardi 15 novembre 2016

La médina sous un autre angle






Evidemment, nous vous avons montré la Médina, jusqu’ici, sous ses meilleurs aspects. Ici aussi, ça bouge, ça vit, ça construit. Ou pas.
Il y a des quartiers où tout se délite, en particulier dans le Mellah, l’ancien quartier juif,
mais aussi un peu partout. De nombreuses habitations appartiennent encore à des familles parties à Casablanca ou à Rabat, ou encore à l’étranger, et dont les successions compliquées aboutissent à laisser des maisons à l’abandon. Sic transit gloria mundi……





lundi 7 novembre 2016

C'est rien, c'est les câbles!




Je fais observer au portier de notre immeuble que l’ascenseur grince de plus en plus. Du tac au tac, il me répond : « c’est rien, c’est les câbles » ! C’est aussi pour ce genre de choses que l’on aime le Maroc ! On est au-delà du fatalisme oriental, on navigue souvent en plein surréalisme. Ou peut-être dans le relativisme…. Qu’est-ce que la réalité, d’un point de vue marocain ? On ne sait pas trop, mais sûrement pas celle à laquelle nous sommes habitués.

Vous avez perdu votre téléphone et vous cherchez fébrilement sur les lieux où vous pensez, peut-être l’avoir égaré… Quel sera le premier réflexe d’un marocain à vos côtés ? « Assieds toi. Tu veux pas un thé ? »

La voiture est en panne ? Quelle importance cela peut-il bien avoir dans un pays où il faut 20 secondes pour trouver un « petit taxi » en ville et où le ville à ville est desservi par des taxis collectifs ? Et quand bien même il y n’y aurait pas ces moyens de locomotion, qui vous en voudra d’arriver avec 2 heures de retard à un rendez-vous ?

Ramener les choses à leur juste proportion….

Et qu’importe de savoir si le câble de l’ascenseur a juste besoin d’être graissé (ce qui était le cas en l’occurrence, c’est réparé, merci) ou si c’est plus grave. Dans tous les cas de figure, vous faites quoi ? Vous montez vos 6 étages à pied ou vous continuez à écouter grincer votre cabine qui monte ? Vous voyez bien que vous êtes fataliste aussi…..

dimanche 23 octobre 2016

Pour initiés






Pour les spécialistes du sujet, la photo peut se passer de commentaires.

Pour les autres, je renonce à me lancer dans des digressions absconses, mais je n'ai pas de meilleure illustration d'une administration foisonnante.....

lundi 17 octobre 2016

Le pays des chats



Le Maroc compte environ 30 millions de sujets (dont bon nombre de sujets de mécontentement, la plaisanterie n’est pas nouvelle), mais combien de chats ?

Ils sont partout, silencieux, ombres discrètes, passants ou paressant, tellement intégrés que seul un regard insistant de leur part, pour mendier une caresse ou une participation à notre repas, nous rappelle à leur bon souvenir. Ils sont chez eux et le savent. Fondus dans le paysage, urbain ou rural, ils sont un non-sujet, à la fois mobilier que l’on traiterait avec des égards et compagnons omniprésents de l’espace public.

Si absents qu’il n’y aurait rien à en dire

Si indispensables qu’on devrait pouvoir en faire une thèse.

Je vous l’épargnerai

 
 
Ici, la queue à la boucherie.....

 
 


Escapade littéraire

Comme j'en ai pris l'habitude, de temps en temps, je prends la liberté de noter dans ce journal quelque fait, lecture ou réflexion sans aucun rapport avec le Maroc.
Ici, je souhaite juste faire partager le bonheur éprouvé cet été à la lecture de la "Correspondance entre Spinoza et Freud", que le philosophe Michel Juffé a imaginé.




Alors que Freud déclare à son ami Romain Rolland qu’il va écrire une série de textes sur Moïse, celui-ci l’invite à lire le Traité des autorités théologiques et politiques. Freud, proche de ses quatre-vingts ans, n’a jamais lu Spinoza, qu’il admire… de loin. Il s’y met et y trouve l’élan pour «profaner» – rendre profane – la figure de Moïse. Spinoza, ce juif renégat, le fascine bientôt. Le désir de savoir ce qu'il aurait pensé de son Moïse le décide à lui écrire, à deux cent soixante ans de distance. Spinoza, surpris, ravi, lui répond. Commence un échange de seize lettres, dont l’intensité, l’intimité, la variété et la nouveauté vont crescendo.
Chacun d’eux a enfin trouvé un interlocuteur en dépit et à cause de fortes divergences (la primauté du narcissisme, le libre arbitre, l’extension du complexe d’Œdipe, les va-et-vient entre conscient et inconscient, etc.).


C'est vivifiant, brillant, et ça peut éventuellement nous éviter de "ramer" dans l'œuvre de ces 2 géants, tout en prenant connaissance de leurs idées d'une façon assez simple, voire agréable....
Si ça vous amuse....


lundi 10 octobre 2016

Fresques murales






Le figuratif donc. S’il y a bien des peintres au Maroc (et beaucoup de femmes parmi eux), c’est une autre forme d’expression qui nous arrête, le plus souvent. Comme partout, les murs (et ici, c’est plus faciles vu qu’ils n’ont le plus souvent pas de fenêtre) attirent les tagueurs. Mais un art de rue se développe qui n’a rien de sauvage.

Quel sens donner à ces dessins aboutis comme des tableaux ?
Ils paraissent s’inscrire dans un contexte bien enraciné. Est-ce que cet art (c’en est un, sans aucun doute) est reconnu ? Seulement toléré ? Encouragé ? La simple expression d’une marocanité contemporaine ?  D’un regard posé sur le monde ?

On a encore plein de choses à découvrir….. La prochaine fois, on vous parlera des zelliges contemporains ou des motifs design dans les tapis.










lundi 3 octobre 2016

Art traditionnel




Nous n’avons pas encore parlé de l’art marocain.
Tout un chacun admire, à juste titre, les marqueteries ou les portes en cèdre,


 
les motifs géométriques des zelliges,





 les arabesques de la damasquinerie, les motifs en rosace des stucs.


Art de la combinaison, de la répétition qui n’en est jamais tout à fait une, mariage des couleurs, tous savoirs transmis au fil des siècles…..





Chaque époque, chaque région, a son style, ses motifs.

Il y en a partout, sur et dans les mosquées bien sûr, mais aussi dans chaque riad, dans chaque maison un tant soit peu bourgeoise, dans les bâtiments administratifs, tantôt flambants neufs, tantôt usés par le temps….






Et puis, au détour d’une ruelle, une fresque murale nous arrête !


Et nous réalisons que le figuratif est entièrement absent de cet art venu du fond du Moyen Age…