Grâce
soit rendue à Jeff, qui me l’avait recommandé, je viens de finir un bouquin
épatant : « Les sept fonctions du langage », de Laurent Binet,
le Prix Interallié de cette année. C’est un polar sur la sémiologie ! Cela
commence avec la mort de Roland Barthes, renversé par une camionnette, comme on
sait, le 25 février 1980, mais dont on découvre qu’il a été assassiné. Le
langage tient le centre de cette enquête qui nous fait croiser Mitterrand et
Giscard, Foucault (non, pas Jean-Pierre !), Derrida, BHL, les services
secrets bulgares (l’homme au parapluie), Umberto Eco, des rhétoriciens amateurs
qui s’affrontent dans un « Logos Club » (je recommande la joute
oratoire sur « Oral contre Ecrit »).
Il y a
des courses poursuites dans les rues de Paris, un diner chez les
Sollers-Kristeva (avec Lacan et sa maitresse habillée en cuir noir et les
Althusser) hilarant, avec des répliques plus vraies que nature, des héros qui
échappent de justesse à l’attentat de la gare de Bologne….
Ca
dézingue dans tous les coins, les intellos en prennent pour leur grade, bref on
s’amuse de la première à la dernière ligne.
Le
fond de l’affaire, c’est qu’il s’agit de maitriser l’arme la plus
puissante : le langage. « Celui qui maitrise le discours, par sa
capacité à susciter la crainte et l’amour, est virtuellement le maitre du monde ».